Savoir utiliser l’IA : les connaissances et les compétences à apprendre

Poser une question à un chatbot et obtenir une réponse, c’est comme entrer dans une grande banque et interroger le portier sur le cours du dollar et le prêt que la banque peut vous accorder. Évidemment, ses réponses sont floues, évasives, parfois même erronées. Pour obtenir des réponses adaptées, il faut s’adresser à un spécialiste : ne pas s’arrêter au portier, entrer dans le bâtiment, se diriger vers le bureau où se trouve la personne capable de vous donner une réponse claire et bien fondée.

Savoir utiliser l’IA ne se résume pas à savoir poser une question. C’est une compétence bien plus large, qui repose sur des connaissances théoriques et des compétences pratiques.

Infographie : les connaissances théoriques et les compétences pratiques pour savoir utiliser l'IA

📅 Données arrêtées au 26 octobre 2026. Le domaine évolue vite : vérifiez toujours l’information à la source avant de décider.

🎲 Deux règles du jeu. 1. Toutes les ressources citées sont gratuites ; la langue est précisée quand elles sont en anglais. 2. Les compétences pratiques s’apprennent sur un problème réel, le vôtre : la méthode est décrite dans Apprendre à utiliser l’IA avec un mini-projet.

Les connaissances théoriques

1. L’histoire de l’IA

Pourquoi c’est utile

Supposons qu’une nouvelle personne arrive dans votre entourage. Vous vous dites qu’elle semble sympathique. Presque automatiquement, vous cherchez à en savoir plus sur elle : d’où elle vient, quelle école elle a faite, ce qu’elle aime, ce qu’elle n’aime pas. Vous cherchez un peu dans son histoire. Pourquoi met-elle toujours des robes bleues ? Pourquoi déteste-t-elle l’orange ? Pourquoi ne répond-elle pas au téléphone le matin ? Et comment lui demander de vous préparer ces gâteaux dont elle est la spécialiste ? Toutes ces informations vous permettent de comprendre son comportement, ses blocages, et d’interagir avec elle en harmonie.

Une jeune personne fait connaissance avec un robot IA et lui demande d'où il vient

De la même manière, connaître l’histoire de l’IA permet de comprendre comment elle s’est construite, et sur quelles bases logiques et structurelles elle fonctionne. Vous n’avez pas besoin de connaître les dates par cœur, ni le détail des différents progrès. Ce qu’il faut impérativement savoir, c’est comment, d’une simple machine électrique, nous sommes arrivés à une machine qui nous parle. Et surtout, où et comment elle cherche les mots pour nous répondre.

Sans un minimum de connaissances sur l’histoire de l’IA, vous risquez de confondre ses réponses avec une « pensée », et de ne pas repérer ses limites, ses distorsions et ses vulnérabilités.

Dans un projet IA. Connaître l’histoire de l’IA vous aidera à mieux comprendre ce que vous pouvez obtenir, ou non, d’une IA. Cette connaissance vous sert dès le début de tout projet, et jusqu’à l’évaluation du résultat.

🎯 Objectif à vous fixer : comprendre la logique et les piliers structuraux de l’IA.

📚 Notions clés

  • La question de départ : une machine peut-elle penser ? (le test de Turing)
  • La naissance du terme « intelligence artificielle »
  • L’IA à base de règles : des connaissances écrites à la main par des experts
  • Les « hivers de l’IA » : promesses, déceptions, arrêt des financements
  • L’apprentissage automatique : la machine apprend à partir d’exemples
  • Les réseaux de neurones et l’apprentissage profond
  • Les grandes victoires sur l’humain : les échecs, puis le go
  • Les modèles de langage et la méthode Transformer
  • L’arrivée des IA génératives dans le grand public (ChatGPT)

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2. Les différentes IA

Pourquoi c’est utile

Dans la vie courante, vous savez pertinemment dans quel magasin chercher des clous et dans lequel acheter de la viande bio. Vous connaissez les différents magasins, et vous ne tournez pas en rond dans un magasin de bricolage à chercher le rayon du pain. Et quand un nouveau magasin ouvre ses portes, vous savez si la marchandise qu’il propose vous intéresse, et si son offre est meilleure ou non que celle des magasins que vous avez l’habitude de fréquenter.

Une jeune femme entourée de robots qui représentent différentes familles d'IA : génération d'images, chatbot, IA agentique

De la même manière, connaître les différentes IA permet de savoir laquelle ouvrir selon le résultat attendu. Et chaque fois qu’une nouvelle IA fait son apparition, ou qu’une IA existante propose un nouveau modèle, vous savez à quelle famille elle appartient, ce qu’elle peut vous apporter, et si elle mérite de remplacer celle que vous utilisez déjà. Cette connaissance prépare directement la compétence pratique « identifier les outils ».

Sans connaître les différentes IA, vous ne pouvez pas choisir l’outil adapté au résultat que vous attendez, et vous risquez de tout demander au même chatbot, ou de passer à côté de l’outil qui ferait la tâche mieux et plus vite.

Dans un projet IA. Connaître les différentes IA vous aidera à identifier les outils d’IA adaptés à chaque tâche, et à comparer les IA disponibles sur le marché. Cette connaissance vous sert au début d’un projet, quand vous choisissez vos outils, et chaque fois qu’une nouvelle IA apparaît.

🎯 Objectif à vous fixer : être capable de distinguer une IA spécialisée d’une IA générative, et de trouver, pour chaque grande famille d’IA générative, un outil et l’usage auquel il est destiné.

📚 Notions clés

  • IA spécialisée et IA générative
  • Les IA qui prédisent ou recommandent (vidéos, achats, trajets)
  • Les familles d’IA générative : texte, image, son et musique, vidéo
  • Le chatbot généraliste
  • Le moteur de recherche à sources
  • Le carnet de notes qui travaille sur vos documents
  • L’IA multimodale (texte, image, voix dans le même outil)
  • L’agent IA, qui enchaîne des actions
  • La différence entre un modèle, une application et un éditeur
  • Version gratuite, version payante, limites d’usage

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3. La manière de fonctionner des IA

Pourquoi c’est utile

Quand vous voulez voyager en avion, il faut savoir comment fonctionne un aéroport : où sont affichés les départs, où se fait l’enregistrement, où se déposent les bagages, où se trouvent les portes d’embarquement, etc. La structure et la logique sont toujours les mêmes, quel que soit le pays où se trouve l’aéroport. C’est pourquoi, même sans parler la langue du pays, vous savez comment et où vous diriger, quelles procédures suivre et quel est le rôle des différents employés que vous croisez.

Deux chirurgiens ouvrent un robot pour observer comment fonctionne une IA

Avec l’IA, c’est pareil : il faut comprendre comment elle fonctionne et quelles sont ses structures de base. Cette compréhension est la base de toute vérification : un résultat se contrôle mieux quand on sait comment il a été produit.

Sans connaître la manière de fonctionner des IA, vous ne pouvez pas savoir ce que vous pouvez leur déléguer ou non, ni quelles réponses risquent d’être biaisées, voire hallucinées, et vous risquez de perdre beaucoup de temps pour obtenir, à la fin, une information inventée.

Dans un projet IA. Connaître la manière de fonctionner des IA vous permet de mieux formuler vos demandes, d’identifier les outils d’IA adaptés à chaque tâche et d’évaluer leurs réponses. Cette connaissance vous sert tout au long du projet.

🎯 Objectif à vous fixer : comprendre comment une IA générative produit une réponse, et pourquoi une réponse probable n’est pas forcément vraie.

📚 Notions clés

  • Les données d’entraînement
  • Le modèle de langage
  • Les jetons : le découpage du texte en petits morceaux
  • La prédiction de la suite la plus probable
  • La fenêtre de contexte : ce dont l’IA « se souvient » dans une conversation
  • La date limite des connaissances et la recherche web
  • Les hallucinations : une réponse probable mais fausse
  • Les biais hérités des données
  • La complaisance : la tendance à approuver ce que vous proposez
  • Ce que deviennent vos conversations et vos documents

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4. Le contenu et les types de prompt

Pourquoi c’est utile

Au café, « un café » et « un café allongé, sans sucre, avec un peu de lait froid à part » ne donnent pas la même tasse.

Une enseignante présente au tableau les différents types de prompt

De la même manière, il faut savoir s’adresser à une IA. Connaître le contenu et les types de prompt donne une boîte à outils dans laquelle puiser pour chaque demande, au lieu de reformuler au hasard jusqu’à obtenir un résultat.

Sans connaître le contenu et les types de prompt, vous ne pouvez pas construire une demande adaptée à chaque tâche, et vous risquez de multiplier les essais au hasard pour un résultat qui reste générique.

Dans un projet IA. Connaître le contenu et les types de prompt vous permet de choisir le type de prompt et le contenu les plus appropriés, pour obtenir un résultat optimal en peu de temps. Cette connaissance vous sert à chaque demande, tout au long du projet.

🎯 Objectif à vous fixer : connaître les éléments qui composent un prompt et les principaux types de prompt.

📚 Notions clés

  • Ce qu’est un prompt
  • Les éléments d’un prompt : rôle, contexte, tâche, public, format, exemples, contraintes
  • Le prompt simple
  • Le prompt avec exemples
  • Le prompt de rôle
  • Le prompt par étapes
  • Le prompt conversationnel, construit en plusieurs échanges
  • Le prompt système : des consignes permanentes (Gem, GPT personnalisé, projet Claude)
  • Le document joint au prompt

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5. Le cadre juridique : protection des données et responsabilité

Pourquoi c’est utile

Quand vous confiez vos papiers à un médecin, vous savez qu’il est tenu au secret professionnel et qu’il ne les montrera pas à d’autres patients. Quand vous confiez vos secrets à un ami, vous êtes convaincu qu’il ne les rendra pas publics. Et quand vous frappez quelqu’un avec un bâton, personne n’accuse le bâton : le responsable est celui qui l’a manié.

Une femme signe un document à côté d'un robot, avec un classeur cadenassé et une balance de la justice

L’IA n’est ni un médecin ni un ami, seulement une boîte noire reliée au serveur d’une entreprise. Son « cerveau » n’est pas dans l’ordinateur sur lequel vous écrivez, mais dans un centre de données à l’autre bout du monde. TOUT ce que vous écrivez dans une IA et tous les documents que vous y déposez partent sur les serveurs d’une entreprise, qui peut les conserver et, selon vos réglages, s’en servir pour entraîner ses modèles.

En revanche, l’IA est considérée comme un outil, au même titre que le bâton. Quand vous publiez ou transmettez une réponse de l’IA, la responsabilité vous revient.

Sans connaître le cadre juridique, vous ne pouvez pas savoir quelles informations confier à une IA ni ce que vous engagez en utilisant ses réponses, et vous risquez de divulguer des données personnelles (les vôtres, celles de vos proches, de vos élèves ou de vos clients) ou d’avoir à répondre d’un contenu faux, copié ou qui porte atteinte à l’image de quelqu’un.

Dans un projet IA. Connaître le cadre juridique vous permet de choisir les outils et les documents que vous pouvez confier à une IA, puis de vérifier que ce que vous diffusez respecte les droits des autres. Cette connaissance intervient au début du projet, au moment d’identifier les outils, et à la fin, avant toute diffusion du résultat.

🎯 Objectif à vous fixer : connaître les règles qui protègent vos données et celles des autres, et comprendre ce dont vous restez responsable quand vous utilisez une IA.

📚 Notions clés

  • Les données personnelles et les données sensibles
  • Le RGPD et vos droits : accès, rectification, effacement, opposition
  • Les réglages de confidentialité : historique, conservation, entraînement des modèles
  • Les informations confidentielles : documents professionnels, données d’élèves, de patients ou de clients
  • Le règlement européen sur l’IA et ses niveaux de risque
  • La transparence : signaler un contenu produit avec l’IA
  • Le droit d’auteur, sur ce que vous donnez à l’IA et sur ce qu’elle produit
  • Le droit à l’image et les hypertrucages (deepfakes)
  • La responsabilité de l’utilisateur : ce que vous publiez ou transmettez vous engage

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Les compétences pratiques

Les compétences pratiques s’enchaînent dans l’ordre d’un vrai projet, en partant d’une situation réelle. Beaucoup d’apprenants passent directement à la rédaction du prompt ; or ce sont les quatre premières compétences qui indiquent quoi demander, à quel outil et dans quel ordre.

1. Problématiser

Pourquoi c’est utile

Problématiser est une compétence qui n’est pas spécifique à l’IA : vous l’utilisez chaque jour, dans plusieurs domaines. Vous avez l’habitude de passer toujours par la même route, mais elle vient d’être fermée à cause de travaux. Vous ne pouvez pas ignorer ce problème, il faut le résoudre : c’est alors que vous vous mettez à chercher comment aller de votre domicile à votre école ou à votre lieu de travail sans passer par cette route.

Un étudiant assis sur des piles de dossiers réfléchit à son problème

Avec l’IA, c’est pareil : problématiser consiste à partir d’une situation pour passer d’un ressenti (« je perds du temps sur mes comptes rendus », « je voudrais comprendre mes parties d’échecs perdues ») à un problème formulé, que l’on peut résoudre et dont on peut vérifier la solution. « Je manque de temps et je ne peux pas vérifier les fautes d’orthographe de mon mail » : voilà un problème que je peux confier à l’IA. Sans problème clairement posé, on ne sait ni quoi décomposer, ni quel résultat attendre de l’IA.

Sans maîtriser la problématisation, vous ne pouvez pas savoir ce que vous attendez de l’IA, et vous risquez d’obtenir des réponses qui ne résolvent pas votre vrai problème.

Dans un projet IA. Problématiser est la base de votre projet : transformer une situation en un problème que l’IA peut aider à résoudre. Cette compétence intervient au tout début du projet, et toutes les autres en dépendent.

🎯 Objectif à vous fixer : être capable de transformer une situation de départ en un problème formulé en une phrase, avec le résultat attendu et le moyen de savoir qu’il est atteint.

🛠️ Savoir-faire clés

  • Situation, besoin, problème : trois choses différentes
  • Passer d’un ressenti à un problème formulé en une phrase
  • Le résultat attendu
  • Le critère de réussite : comment savoir que c’est atteint
  • Les contraintes : temps, budget, données disponibles
  • Ce que l’on peut confier à l’IA, et ce que l’on garde

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2. Décomposer un problème en actions

Pourquoi c’est utile

Décomposer un problème en actions est une compétence que vous utilisez chaque jour, notamment en cuisine. Vous avez envie d’une pizza faite maison : vous achetez les ingrédients, récupérez la recette et faites chauffer le four.

Une jeune femme découpe au tableau le projet de construction d'une maison en étapes

De la même manière, avec l’IA, sauter cette étape revient à ne pas savoir ce que vous voulez manger le soir, ou à oublier de faire les courses. Décomposer un problème en actions fait apparaître qu’un projet, même petit, regroupe plusieurs tâches de nature différente : chercher, analyser, rédiger, illustrer, vérifier. Une IA traite bien mieux une tâche nette qu’une demande fourre-tout, et chaque tâche identifiée indique l’outil dont vous aurez besoin.

Sans maîtriser la décomposition d’un problème en actions, vous ne pouvez pas confier à l’IA des tâches nettes, et vous risquez de lui adresser une demande fourre-tout, à laquelle elle ne pourra répondre que partiellement.

Dans un projet IA. Décomposer un problème en actions, c’est découper l’ensemble en tâches, de manière structurée. Cette compétence intervient juste après la problématisation, et prépare le choix des outils.

🎯 Objectif à vous fixer : être capable de découper un problème en une liste de tâches simples, chacune formulée par un verbe d’action.

🛠️ Savoir-faire clés

  • Tâche et sous-tâche
  • Une tâche, un verbe d’action
  • Les grandes natures de tâches : chercher, analyser, rédiger, illustrer, vérifier
  • L’ordre des tâches et ce qui dépend de quoi
  • La bonne taille : une tâche correspond à une demande

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3. Identifier les outils

Pourquoi c’est utile

En jardinage, on n’obtient pas le même résultat avec une grande pelle et un arrosoir : il faut savoir, pour chaque étape, quel outil nous aidera. Je ne vais pas creuser un trou avec un arrosoir, ni donner un coup de pelle à une plante qui a besoin d’eau.

Un étudiant choisit au tableau l'outil d'IA adapté à chaque tâche

Avec l’IA, c’est pareil : identifier les outils évite de tout confier à la même IA. Chaque outil excelle dans un type de tâche, et les comptes gratuits ont des limites d’usage : répartir les tâches entre deux ou trois outils améliore les résultats et évite d’être bloqué en cours de route.

Sans maîtriser l’identification des outils, vous ne pouvez pas tirer le meilleur de chaque IA, et vous risquez d’obtenir un résultat médiocre, ou d’être bloqué en cours de route par les limites d’un compte gratuit.

Dans un projet IA. Identifier les outils, c’est choisir pour chaque action le meilleur outil d’IA. Cette compétence intervient une fois les tâches définies, et prépare la création du workflow.

🎯 Objectif à vous fixer : être capable d’attribuer à chaque tâche de votre liste l’outil le plus adapté, et de justifier ce choix.

🛠️ Savoir-faire clés

  • Les critères de choix : type de tâche, qualité du résultat, gratuité, limites d’usage, confidentialité, langue
  • Les annuaires et les comparatifs d’outils
  • Tester plusieurs outils sur la même tâche
  • L’équipe d’IA : deux ou trois outils qui se complètent

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4. Créer un workflow

Pourquoi c’est utile

Le mot anglais workflow signifie « flux de travail » : un enchaînement d’étapes, dans un ordre précis, où chaque étape part du résultat de la précédente pour arriver au résultat final.

Une recette de cuisine est un workflow : la liste des étapes dans le bon ordre, avec pour chacune l’ustensile qui convient. Pour la pizza, vous préparez la pâte, vous l’étalez, vous ajoutez la garniture, puis vous enfournez ; dans un autre ordre, le résultat n’est pas le même. Une fois la recette notée, vous la refaites sans y réfléchir.

Un étudiant construit au tableau une chaîne d'outils d'IA, étape par étape

De la même manière, créer un workflow avec l’IA transforme une réussite ponctuelle en méthode : les tâches s’enchaînent dans un ordre réfléchi, le résultat de l’une sert de point de départ à la suivante, et l’ensemble se refait sans tâtonner.

Sans maîtriser la création d’un workflow, vous ne pouvez pas refaire facilement ce qui a fonctionné une fois, et vous risquez de repartir de zéro à chaque nouveau projet.

Dans un projet IA. Créer un workflow, c’est construire un enchaînement d’outils réutilisable à plusieurs reprises. Cette compétence intervient une fois les outils choisis, et le workflow sert ensuite de plan pour toute la suite du projet.

🎯 Objectif à vous fixer : être capable de construire une chaîne de tâches reproductible, en sachant transmettre le résultat d’un outil au suivant.

🛠️ Savoir-faire clés

  • Étape, entrée, sortie
  • Le passage de relais d’un outil à l’autre
  • Le point de contrôle entre deux étapes
  • Noter son workflow pour pouvoir le refaire
  • Enregistrer une étape qui revient (prompt système, projet)

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5. Formuler une demande

Pourquoi c’est utile

Dans la vie courante, on n’obtient pas la même réponse quand on pose une question à un expert, à un enseignant ou à une personne sans connaissance particulière du sujet, ni quand on la pose en trois mots ou en expliquant sa situation. On ne s’adresse pas à chacun de la même manière, ni avec les mêmes requêtes.

Un étudiant rédige un prompt structuré : rôle, contexte, tâche, format, contraintes

Avec l’IA, c’est pareil : chaque prompt est une hypothèse de travail, et la manière de formuler la demande change le résultat. Dans la partie théorique, vous avez découvert le contenu d’un prompt et ses différents types. Dans la partie pratique, il s’agit d’apprendre à les articuler, du prompt simple au prompt système, pour formuler une demande claire. Savoir formuler une demande transforme une réponse générique en résultat directement utilisable, et fait l’économie de nombreux allers-retours.

Sans maîtriser la formulation d’une demande, vous ne pouvez pas obtenir un résultat directement utilisable, et vous risquez de perdre beaucoup de temps en allers-retours.

Dans un projet IA. Formuler une demande, c’est savoir comment s’adresser à chaque IA pour obtenir la réponse attendue. Cette compétence intervient à chaque étape du workflow, tout au long du projet.

🎯 Objectif à vous fixer : être capable de choisir et de rédiger, pour une tâche donnée, le type de prompt approprié, pour obtenir un résultat utilisable dès le premier ou le deuxième essai.

🛠️ Savoir-faire clés

  • Choisir le type de prompt selon la tâche
  • Donner assez de contexte
  • Préciser le format de sortie attendu
  • Itérer : préciser, reformuler, demander une autre version
  • Savoir quand ouvrir une nouvelle conversation
  • Se constituer une bibliothèque de prompts qui fonctionnent

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6. Évaluer le résultat

Pourquoi c’est utile

Au travail, quand un stagiaire vous remet un dossier, vous le relisez avant de l’envoyer : le stagiaire connaît beaucoup de choses, mais il manque d’expérience et peut se tromper avec aplomb.

Un étudiant examine une maquette à la loupe pour vérifier l'exactitude, l'adéquation et la fiabilité d'une réponse

De la même manière, l’IA est un stagiaire érudit, mais un stagiaire : ce qu’elle dit ne se prend jamais pour argent comptant, il faut apprendre à douter et à vérifier. Évaluer le résultat permet de s’appuyer sur l’IA sans reprendre ses erreurs à son compte. Juger l’exactitude et l’adéquation d’une réponse, c’est aussi savoir quoi demander pour l’améliorer.

Sans maîtriser l’évaluation du résultat, vous ne pouvez pas distinguer une réponse exacte d’une réponse inventée, et vous risquez de reprendre à votre compte les erreurs de l’IA.

Dans un projet IA. Évaluer le résultat, c’est vérifier chaque réponse avant de s’en servir. Cette compétence intervient après chaque demande, puis à la fin du projet, avant d’utiliser le résultat final.

🎯 Objectif à vous fixer : être capable de vérifier l’exactitude d’une réponse (sources, chiffres, citations) et son adéquation à votre besoin, puis de dire précisément ce qu’il faut corriger.

🛠️ Savoir-faire clés

  • L’exactitude : sources, chiffres, dates, citations
  • L’adéquation : public, format, longueur, ton
  • Recouper avec une source officielle
  • Repérer une hallucination ou un biais
  • Demander à l’IA de critiquer sa propre réponse
  • Décider : utiliser, faire corriger, reformuler
  • Assumer le résultat final

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🧠 Quiz : avez-vous retenu ?

Répondez d’abord dans votre tête, puis dépliez la réponse.

1. Quels sont les deux piliers pour savoir utiliser l’IA ?

Voir la réponse

Les connaissances théoriques, pour comprendre l’outil, et les compétences pratiques, pour s’en servir sur un problème réel.

2. Une IA générative produit ses réponses par calcul de probabilités. Pourquoi est-il utile de le savoir ?

Voir la réponse

Parce qu’une réponse probable n’est pas forcément vraie : cela explique les forces de l’IA comme ses erreurs, et un résultat se vérifie mieux quand on sait comment il a été produit.

3. Quelles sont les six compétences pratiques, dans l’ordre d’un projet ?

Voir la réponse

Problématiser, décomposer un problème en actions, identifier les outils, créer un workflow, formuler une demande, évaluer le résultat.

4. Citez une ressource gratuite, en français, pour comprendre comment fonctionne une IA.

Voir la réponse

Par exemple la vidéo de Science Étonnante sur ChatGPT, les chapitres d’Elements of AI ou les fiches du CLEMI.

5. Selon quels deux critères évaluer une réponse de l’IA ?

Voir la réponse

L’exactitude (les informations sont-elles vraies et vérifiables ?) et l’adéquation (le résultat correspond-il à votre besoin ?).

📌 Ce qu’il faut retenir

Savoir utiliser l’IA repose sur deux piliers. Les connaissances théoriques : l’histoire de l’IA, les différentes IA, leur manière de fonctionner, le contenu et les types de prompt, le cadre juridique. Les compétences pratiques : problématiser, décomposer un problème en actions, identifier les outils, créer un workflow, formuler une demande, évaluer le résultat. Pour chacun, des ressources gratuites existent, en grande partie en français.

Choisissez dès aujourd’hui un élément du programme, fixez-vous son objectif, et ouvrez la première ressource.

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